EXPOSITION À L'ANCIEN PRÊCHE DE PONTORSON
Dialogues de matières :
Laure Exposito et Stéphane Martinelli
exposent au Prêche de Pontorson
Du mercredi 19 au samedi 29 août, l’ancien Prêche de Pontorson devient le théâtre d’une rencontre artistique singulière.
La plasticienne céramiste Laure Exposito et le photographe Stéphane Martinelli y croisent leurs regards et leurs univers autour d'une thématique commune : la poésie et la beauté de la nature.
En tant que plasticienne, Laure Exposito explore la terre non comme un simple support, mais comme un langage à part entière.
À Pontorson, elle dévoile ses "tableaux-céramiques", des œuvres murales en relief où dialoguent la force du grès, la délicatesse de la porcelaine et la rigueur de l'ardoise gravée au laser.
Guidé par la poésie des éléments et le cosmos, son travail est profondément marqué par l’esthétique japonaise du wabi-sabi.
À travers la magie de la cuisson Raku, elle apprivoise l'imprévisible et célèbre la beauté de l'imperfection, offrant des textures vibrantes qui appellent au toucher.
Les photographies de Stéphane Martinelli interrogent quant à elles, ces tableaux-reliefs faits de terre et de feu, en invitant le végétal .
À l’aide de “paysages” saisissants du monde végétal, il capture la splendeur brute et les détails secrets de la flore qui nous entoure.
Ses images célèbrent les lignes, les transparences et l'architecture intime des plantes avec une infinie délicatesse.
Ensemble, la matière texturée de la terre et la lumière de la photographie se répondent. Les deux univers se réunissent pour offrir une proposition d’harmonie entre la terre, le feu et le végétal.
Une invitation à contempler la nature autrement
Paroles d'artistes : à la rencontre de nos univers
Pour mieux comprendre la genèse de notre collaboration au Prêche de Pontorson, nous vous proposons de laisser la parole aux artistes. À travers ces deux portraits croisés, plongez au cœur de nos inspirations — entre la poésie de la matière et la force du regard — et découvrez le cheminement qui a donné naissance à nos dernières créations.
Stéphane Martinelli :
The Vegetal Project : "Les Herbes Folles"
La série des "Herbes Folles" est fondatrice pour moi. Elle est révélatrice du plaisir que j’ai éprouvé, enfant, à vivre dans la nature : un paradis onirique et bien vivant, organique et surréel. Des œuvres telles que l’Herbier d’Albrecht Dürer, les croquis de Léonard de Vinci ou de peintres chinois comme Shitao m'ont nourri pour représenter les végétaux, dans ce qu’ils ont de plus sensuel, mais aussi dans leur intelligence et leur beauté. La célébration de la nature est aussi un acte militant en faveur de la protection de l’environnement et du respect de la vie.
Les herbes folles, les graminées de la famille des céréales, qui ont permis à de grandes civilisations de se développer, sont inaperçues sur le talus des routes, et malmenées au point d’en disparaître.
Dans ce contexte, ma démarche s’apparente à un exercice de résistance passive et non violente.
Laure Exposito
La Matière et le Cosmos : "Entre Ciel et Terre"
Sculpter le vide, cadrer la lumière Inspirées de la géométrie intemporelle du disque Bi et de la fluidité de l’Enso, mes œuvres ne cherchent pas à s'imposer à l'espace, mais à le border. La matière y devient un écrin pour sculpter le vide et retenir le temps. Mon regard est ainsi constamment partagé, tourné avec la même intensité vers la terre et la nature qui m'entourent que vers le ciel, les constellations et l'infiniment grand. Pensées comme des éphémérides de l'invisible, mes compositions unissent le microcosme et le macrocosme.
Une résistance poétique au quotidien Cet engagement s'inscrit dans le rituel du quotidien, à travers l'attention profonde que je porte à la biodiversité de mon jardin. En fixant ces éclats de nature ou ces textures changeantes sur le flanc de mes pièces, j'invite à ralentir pour contempler la fragilité du monde. Graver le vivant et l'éphémère dans l’ardoise devient alors un acte de résistance poétique, une manière de sauvegarder la mémoire de la Terre face à l'effacement.
Le mot de la fin :
Une résonance partagée
« Voir un monde dans un grain de sable,et un ciel dans une fleur sauvage... »
Ces mots du poète résonnent comme le trait d'union naturel entre nos deux démarches.
À travers cette exposition à quatre mains au Prêche de Pontorson, nos médiums se répondent et se complètent. Là où la photographie saisit l'instant éphémère d'une brindille, la terre et l'ardoise viennent graver la mémoire du monde et le temps long de la sédimentation.
Cette collaboration est une invitation commune à ralentir, à changer d'échelle, et à porter un regard à la fois contemplatif et protecteur sur la poésie fragile qui nous entoure — du cœur vibrant de la nature jusqu'aux confins du cosmos.
« ...tenir l'infini dans la paume de la main,
et l'éternité dans une heure. »
William Blake
Un grand merci à
l'Association de sauvegarde du Prêche et du patrimoine local de Pontorson,
pour leur précieux soutien et leur accueil au sein de ce lieu si inspirant.
Pour célébrer cette aventure artistique ensemble, nous serions heureux de vous retrouver lors
du vernissage qui aura lieu le mercredi 29 juillet à partir de 17h.
Venez partager ce moment de convivialité et d'échange avec nous !
Nous avons hâte de partager cette traversée avec vous.
Laure et Stéphane.







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